02.05.2009
Un homme a dit un jour avant de mourir qui'il partait compter les étoiles et qu'il reviendrait quand il les aurait toutes conptées. (suite)
Pendant qu’ils parlaient à voix basse, ils ne virent pas tout de suite l’ombre immense de Mr Mamadou se redresser.
-« Bonjour les enfants »Que me vaut le plaisir de votre visite ?
Ils sursautèrent dans une synchronisation parfaite et un frisson commun les parcoururent. L’instant de surprise passé, les yeux de Charlotte furent attiré par les mains de l’homme qui roulait un petit tapis à la manière d’un parchemin. Malgré sa stature imposante, les gestes de Mr Mamadou étaient remplis de douceur et de dextérité.
-Bonjour Mr Mamadou dit Charlotte la première.
Un coup de coude asséné dans les cotes de Robert lui rappela aussitôt les bases de la politesse maintes fois répétées par maman.
-Bonjour Mr Mamadou dit a son tour Robert en tenant son coté meurtri.
-Mr Mamadou enchaina Charlotte nous voudrions vous demandez quelque chose.
-A moi ! Bon Répondit il avec une moue dubitative, entrez.
Le petit appartement était meublé de façon très rudimentaire, spartiate même ce qui est assez drôle pour un sénégalais. La pièce était habillée du strict minimum comme si il s’apprêtait à déménager bientôt mais aucun carton ne jonchait le sol. Seuls quelques objets témoignaient encore de l’attachement de l’homme aux plaisirs de ce monde. Un énorme livre trônait sur une étagère, un livre avec d’étranges signes sur une couverture de cuir de couleur verte. Un instrument de musique qui ressemblait de loin à une guitare était accroché sur un mur près d’une carte de France juxtaposée à celle de l’Afrique. Deux chaises, une table et un lit recouvert de couvertures multicolores prenait l’espace du reste de la pièce. Dans un coin un rideau tiré dissimulait une pièce d’eau rudimentaire, un wc…….
- Asseyez-vous les enfants et dites moi de quoi vous vous voulez me parler, mais avant tout voulez vous du thé ?
-Du thé ? Heu.. Je n’en ai jamais gouté répondit robert que l’on avait presque oublié.
-Mr Mamadou eu un rictus contenu et se dirigea vers une vieille cuisinière ou une théière laissait échapper de petits nuages de vapeur.
-Je viens juste de le préparer, j’espère que vous aimez la menthe.
-Oh oui ma maman achète des bonbons pour la gorge quand je suis malade
-Il ouvrit le seul placard de la pièce, un meuble usé par les affres du temps et en sortit un magnifique plateau rond cuivré avec de touts petits verres. Robert ne pu retenir un rire en voyant les verres.
-ha ha ha mais c’est les verres des 7 nains de blanche neige.
Charlotte le regarda avec des yeux de fusils chargés, un regard d’exécuteur. Robert haussa les épaules et baissa la tête .Mr Mamadou servit le thé avec une adresse qui émerveilla les enfants. le bec de la théière se posait sur le rebord des verres et s’élevait très haut aussitôt pour laisser s’échapper le thé brulant en une cascade qui venait mourir dans un bouillonnement au fond du verre choisi.
-Ouaouuuuuuuuu ! S’exclamèrent les enfants.
L’homme sourie et bizarrement reversa les verres pleins dans la théière posée sur le plateau recouvert lui aussi de signes dont les enfants ignoraient le sens. Charlotte et Robert se regardèrent, haussèrent les paupières et se retenirent pour ne pas pouffer de rire.
-Il faut oxygéner le thé, le laisser respirer, mon père et le père de mon père le faisait ainsi alors je continue de transmettre.
-Lorsque Charlotte porta le breuvage a ses lèvres, une odeur l’envahit, un parfum nouveau mais elle ne pu le boire tant il était chaud.
-Alors les enfants de quoi vous voulez me parler ?
-Robert comme a son habitude baissa la tête et charlotte pensa a ce moment la que sa couardise n’avait d’égal que sa gourmandise.
-Ben voila Mr Mamadou on se disait que vous pourriez peut être nous aider.
-Si je peux cela sera volontiers.
-« Qui y a-t-il après la mort » ?
-L’homme eu un moment de surprise et répondit avec douceur : « Il y a la vie, une autre vie ».Sa voix était étrange et ses yeux brillaient. (A suivre)
12:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2009
Un homme a dit un jour avant de mourir qui'il partait compter les étoiles et qu'il reviendrait quand il les aurait toutes conptées.
Regardent ils sont encore en train de se disputer.
-Tu sais souvent les gens s’aiment et font exprès de ne pas se comprendre.
-C’est idiot.
-Non c’est comme ca.
-On se disputera nous aussi plus tard ?
-Si on s’aime toujours oui, sauf si je meurs.
- Tu ne vas pas mourir ?
-Non je ne crois pas, maman dit que c’est injuste que les enfants meurent mais ce n’est pas leurs fautes à eux et papa dit qu’heureusement on ne meurt qu’une fois.
-C’est une fois de trop et tu crois qu’il y a quoi après la mort, on va vraiment au ciel ?
-Je ne sais pas mais Nguyen le chinois qui est dans ma classe il dit que les hommes se réincarnent et que lui il reviendra en papillon.
-Il est fou ?
-Non il est chinois.
-Et toi, tu penses qu’il y a quoi après ?
-Maman dit qu’on devient des anges gardiens pour les autres enfants mais moi je ne crois pas car elle dit aussi que c’est ma mémé qui me protège mais elle est morte très très vieille.
-Mais si on ne devient pas des anges comment on fait pour tenir dans le ciel sans tomber, et comment on fait pour y monter ?
-C’est vrai ça, et pourquoi ils mettent les morts dans une boite alors et les cachent dans un trou dans la terre comme le trésor des pirates, comment ils vont sortir pour aller au ciel ?
-Houlala je ne comprends plus rien moi non plus.
-Tu connais monsieur Mamadou qui habite au bout de la rue, celui qui a la barbe blanche comme le père noël ?
-Le père noël il n’est pas noir ?
Mais non mais monsieur Mamadou il a au moins 1000 ans et mon père dit que c’est surement un sorcier de pacotilles avec ses grigris.
-c’est quoi pacotilles ?
-Je ne sais mais allons lui demander ce qu’il y a après la mort.
Monsieur Mamadou était un laveur de vitres a la retraite qui habitait un petit studio ou trônait une photo de lui-même en uniforme et dans le coin du cadre il y avait une médaille. Il faisait partie d’un régiment de tirailleurs sénégalais et avait participé à la seconde guerre mondiale. Il était très grand et très maigre mais seul son sourire retenait l’attention des gens du quartier. Le soleil était très haut dans le ciel lorsqu’ ils descendirent la ruelle, un mélange de crainte et de curiosité se mélanger dans leurs têtes. Ils restèrent un moment sans rien dire, à regarder devant eux. Ils arrivèrent devant l’appartement de monsieur Mamadou, un rez de chaussée ou la fenêtre était grande ouverte. Charlotte s’approcha timidement et jeta un regard furtif à l’intérieur en se dressant sur la pointe des pieds. Robert lui chuchota : « Tu le vois ? »
-Oui je crois qu’il a perdu quelque chose car il est à genoux sur un tapis avec la tête baissée.
-Mon père lui, il ne peut pas se baisser a cause de son dos et c’est ma mère qui ramasse toujours ses cigarettes ou ses allumettes quand elles tombent.
-Chut !il va nous entendre et en plus il est en robe.
-En robe ?mais c’est les filles qui portent des robes.
-Que tu es bête, en Afrique les hommes aussi portent des robes la maitresse nous l’as dit et en Ecosse c’est des mini jupes.
-Alors je n’irais pas en Afrique ni en Ecosse.
-(A suivre)
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19.04.2009
La volonté est un bon fils et un méchant enfant.
Elle se trouvait la plupart du temps livrée à elle-même et cherchait a se consoler de ses propres peurs en se créant des obligations, des devoirs et une servitude psychologique comparable a une doctrine idéaliste manipulant une jeunesse égarée , avide de révolution nouvelle. Seules ses faiblesses lui donner de temps a autres de quoi étancher sa soif de plaisirs, de désirs inavouables et d’étreintes nocturnes.
Le romantisme de ses mots alimentait le fantasme de ses souvenirs et nourrissait son besoin d’exister, de vivre de nouvelles expériences d’humanité, sociales, amoureuses ou professionnelles. Quand au reste, les idées politiques, les causes de la crise, les théories du changement, tout cela était compliqué et très peu intéressant pour elle. Elle bravait sa propre interdiction de penser à lui, mais les sons lointains de sa souffrance lui parvenaient quelquefois. Elle avait lu ou entendu dire que des hommes adorent que les femmes les fassent souffrir et les traite de façons désobligeantes et humiliantes parfois. Quelle déchéance !
Une bombe d’incompréhension lui explosait a la vie, éclaboussant ses repaires, et brouillait les pistes de son existance. Ses incantations solitaires s’évanouissaient comme la fumée d’un brasier qui se meurt. La prise de conscience de ses douleurs réapparaissait et elle redécouvrait l’humanisme qui l’avait lâché il y a fort longtemps. Elle s’affolait car sa volonté était le seul garde fou qui l’empêchait de tomber dans le précipice de l’amour.
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15.04.2009
Le temps est le médecin de l'ame.
Elle n’avait pas changée. Elle était toujours aussi belle à ses yeux. Il l’aimait toujours autant. Elle pouvait faire n’importe quoi, son avis seul lui semblait important malgré le temps passé. Les vexations, les désillusions, les cruautés, les humiliations, les attentes et l’espoir s’étaient volatilisés. Sa voix avait changé, l’intonation était plus grave et elle avait fort à faire pour ne pas se coller contre lui, se blottir dans ses bras en fermant les yeux avec un sourire heureux. Lui était manifestement encore en admiration devant ce sourire. Il n’avait jamais imaginé qu’un homme puisse si longtemps être épris d’une femme qui le repoussait depuis plusieurs années. Lorsqu’il tomba amoureux il ne pensa pas qu’il était mal tombé et pourtant on ne tombe jamais bien quand on tombe….amoureux. Le malaise qu’il éprouvait était du à un disfonctionnement entre son cœur et son cerveau, les connexions étaient coupées. Leurs regards se croisèrent, Il la fixa avec des yeux de chien fidèle attendant une caresse et partit dans la nuit….
21:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2009
Une promesse est une dette.
Un souvenir lui revint en mémoire. Elle lui avait demandé de monter sur le grand huit pour partager l'adrénaline de la peur et l'excitation des sens. L’odeur des pommes enveloppées dans leur robe de caramel, les peluches attendant l'adoption, la musique qui s'échappe de hauts parleur gigantesques, les rassemblements de jeunes garçons autour des auto-tamponneuses prêts à en découdre devant le regard amusé des demoiselles présentes. Les touts petits aux mains de leurs parents excités et nerveux gigotent en marchant. Le soleil s’est invité, les lumières clignotent et la fête foraine bat son plein. Il leva les yeux vers le ciel comme s’il attendait une excuse, une idée nouvelle pour s’extirper du pétrin dans lequel il s’était fourré.
-Alors demanda telle. Tu es prêt ?
Elle s’exaltait de la promesse qu’il lui avait faite un jour : « Si un jour j’ai un garçon, je monterais dans le grand huit ».Elle revenait régulièrement le persécuter avec amusement.et aujourd’hui sa respiration ne suffisait plus. Tout son être n’était plus qu’une prison dont il n’était pas aisé de s’évader. Pour éviter tout renoncement de sa part, elle lui parla de fierté et de Rudy son fils, celui pour qui son courage était mis à l’épreuve. Il adorait parler et raconter des histoires mais là, sa bouche restait muette. Dans son anxiété, il pensait à son corps qui devait peser 500 kilos. Son angoisse était totale.il tremblait de tous ses membres, ca n’allait pas du tout.
« Je vais mourir, pensa t’il ».
Elle lui prit la main, elle l’embrassa : « je sais que tu vas y arriver ».
-Tu as raison, je ne vais pas me laisser impressionner par tous ces gamins qui y vont en chantant.
Il n’en pouvait plus, il aurait voulu ne pas être lui. Il se sentait incapable d’assumer cette vieille promesse de quelques années. Il ne pouvait fuir nulle part, et cet engagement le poursuivait partout. Mètres après mètres l’écart entre le manège et lui se réduisait mais difficile de faire marche arrière. Il grimaçait a présent comme en plein cauchemar. Ses mains se crispaient et son tee shirt était trempé. La file était longue, les clients ne manquaient pas. Un jeune homme, cheveux en bataille pris son ticket et le dirigea vers son destin. Sa dernière pensée fut pour elle quand il s’installa dans le chariot. Il ramena lui-même la barrière de sécurité. La terreur avait pris possession de son esprit. Une éternité de secondes s’égrena jusqu'à cette sirène qui lui glaça le sang. Déjà le chariot avançait lentement, les chenilles crissèrent et se mirent en route. Les crochets agrippèrent le convoi pour ce suicide volontaire. Il gravit doucement la pente et le paysage humain disparut. Arrivé au sommet il voulut descendre mais il était trop tard. Il ferma les yeux et se sentît précipité en avant, son cœur se souleva. Les filles hurlaient, il pria pour que cette torture cesse au plus vite. Il fut emporté par la vitesse, balancé a droite puis a gauche, la tête en bas, il va tomber dans le vide pensa t’il et dire qu’il a payé pour cette frayeur. Il n’avait plus la notion du temps, la moindre de ses pensées pesait un siècle. C’est monstrueux ! Son cœur battait si vite qu’il pouvait presque l’entendre dans ce brouhaha métallique. Il allait se désintégré .Il tendait ses bras en direction de Martine dans son illusion.Ca secouait encore et encore et de nouveau ca accélérer de plus belle. Ce parcours était immense, jamais il n’avait connu cette sensation. Moto, boxe, triathlon rien n’égalait cette horreur. Télépathiquement il entrait en communication avec dieu. Il essayait des prières nouvelles pour affronter sa peur .Il luttait contre la tempête de sa propre vie quand soudain tout s’arrêta. La perversion était fini, achevé comme un fantasme. Martine est là, lui sourit et l’applaudit. L’employé soulève la barrière de sécurité ou ses mains sont enserrées. Il se leva et enjamba le manège. Son regard se posa sur la file des gagas qui s’étendait toujours a perte de vue. Il y avait des groupes entiers d’étudiants en goguette, des couples enlacés de bonheur, des jeunes de banlieues chahutant leur courage, des sportifs en tenue de sortie et des gens seuls !comme lui, pourquoi ?des victimes eux aussi de leur promesses ou suicidaires ? Martine le rappela dans le monde des vivants. Il avait éprouvé sa peur, ses craintes et sa phobie, aucun plaisir n’avait été au rendez vous, pourtant il l’avait fait et honoré sa promesse. Main dans la main, collé l’un contre l’autre ils se délectèrent d’un cornet de glace et d’une barbe a papa en marchant au milieu des forains et de leur animations .Dans toute cette joyeuse agitation une jeune fille les héla pour une tombola ou il n’y avait jamais de perdants .Ils s’approchèrent et choisirent un numéro :le 23.
-Perdu je suis désolée mais vous avez le droit a un cadeau de consolation.
Ils piochèrent avec excitation une enveloppe dans un chapeau haut de forme géant. En ouvrant et voyant le lot de consolation ils partirent dans un grand éclat de rire.
« Vous avez gagné un tour de grand huit ».
14:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



