01.07.2009
Si tu veux etre apprécié,meurs ou voyage.(suite et fin)
Ils se croisèrent et se saluèrent en plaisantant sur la prise de
poids de Carlos.
-Dis moi Carlos ca te dirait de boire un thé ?
-Un thé ? Berk ! Tu ne préfères pas une bière plutôt, ca t’éclaircirais les idées.
Viens, allons au Shambala.Il avait prémédité son acte depuis quelques
instants et l’idée d’attirer
son ami avait muri dans son esprit. Le Shambala était un salon de thé
pittoresque de la ville,
situé a quelques encablures d’où ils avaient diner. Par le passé elle et lui
avaient pris l’habitude
de finir la soirée, pieds allongés sur des coussins, a déguster des thés
parfumés, a se délecter
de gâteaux maison. Une musique exotique mi hindou, mi orientale berçait les solitaires déjà
envoutés, par les essences naturelles de musc, de jasmin et de bois de santal.
Les murs se paraient de tableaux d’éléphants, de déesses hindous, de couvertures brodées
, d’objets tribaux le tout éclairé par des lampes de métal tamisées jaune ,
rouge, orange qui
perçait l’obscurité recherchée par les couples égoïstes ,des couples amoureux.
Carlos s’empressa d’ouvrir la carte des desserts proposé par l’établissement.
Il s’y plongea avec la
passion d’un littéraire, la précision d’un biologiste et la dextérité d’un horloger. Pour lui, son
attention était tout autre, simplement portée sur l’espace qui l’entourait. Ces
places ou elle avait
couché son corps sublime, l’appelait comme des djiins, des esprits malveillants venu d’orient,
venu avec le vent. Les souvenirs défilaient comme un film muet des années
trente, mais sa
nostalgie n’avait rien de burlesque, un rien comique peut être. Soudain une
jeune fille
s’agenouilla pour prendre la commande. Elle avait un corps d’enfant, un
sourire radieux laissant
entrevoir une dentition parfaite. Deux rangées de dents se faisaient face
comme un régiment d’infanterie. Carlos étudiait toujours son menu composé seulement de deux feuillets et le constat le fit sourire. Sans attendre, il
commanda deux thés a la menthe et deux tartes, une a la fraise et une
aux pommes. Il retira d’un coup sec la carte des mains de Carlos et la rendit
a la jeune fille qu’ils surnommèrent Lolita. Devant la mine ahurie et
interrogative de Carlos, il ne put se retenir d’un
rire dont il ne se serait pas cru capable en pénétrant les lieus. Carlos avait un rapport étroit,
étrange même avec la nourriture. Il pouvait être gourmet, capable
d’expérimenter des senteurs
nouvelles dans les plats qu’il confectionnait chez lui pour séduire une femme
de passage ou ses
amis. Mais ses dérives gargantuesques, gâchait l’élégance et le savoir faire
dont il était capable.
Sa compagnie comblait ceux qu’ils l’approchaient et cela lui suffisait. La fin
de soirée s’écoula calmement comme la nuit. Les propos échangés ce soir la, furent curieusement intéressants.
Carlos parla de l’Afrique et de son désir de s’y rendre, d’aller y jeter un coup
d’œil comme il disait.
Il vouait une véritable admiration aux hippopotames a qui il pensait
ressembler, la forme peut
être ou les oreilles………..

21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.06.2009
si tu veux etre apprécié, meurs ou voyage.
Elle te manque ?
Il lâcha un oui du bout des lèvres, un oui sourd presque inaudible. Ils échangèrent un long regard, il avait un air malheureux, un air de gène aussi, le front plissé a la recherche d’une nouvelle occupation pour masquer sa douleur. Il aimait trainer au bord de l’eau dans ces calanques, qu’il avait parcouru quelque fois avec elle. Carlos avait proposé de diner au pakistanais leur restaurant préféré. L’établissement se trouvait dans une ruelle du -
quartier des artistes selon certains, un petit Soho à domicile pour d’autres : « le cours Julien » a une grande distance des rues a la mode et de la cohue du centre ville. Ils commandèrent un thali à la viande comme ils en avaient l’habitude, un rituel en quelque sorte. Même resto, même plat, même ballade, une histoire qui continue…Quand les plats arrivèrent, ils déchirèrent le nan* au fromage et le trempèrent dans les différentes sauces épicées et parfumées. Ils s’empiffrèrent comme si ce repas allait être le dernier avant bien longtemps. A une table voisine de la leur, une jeune femme frisée dinait avec son ami. En l’apercevant il posa sa fourchette.
-Quesque tu crois qu’elle fait, Carlos ?
-Qui ?demanda Carlos en lançant un regard vers la jeune femme ?
Il finit de mâcher sa bouchée en prenant un air assuré ; Il n’avait plus parlé d’elle depuis un moment.
-Ne t’inquiètes pas, elle doit être occupée.
-tu crois vraiment qu’elle est avec lui et que tout le reste ne compte pas ?
-Encore une question répétitive comme si Carlos pouvait savoir si cette fille avait un quelconque sentiment a l’égard de son ami.il l’observa un instant, il avait perdu l’appétit, il poussait des petits tas de riz avec sa fourchette.
-Tu ne finis pas ?
-Non je n’en peux plus, j’ai trop mangé.
Ce soir la après le diner, Ils décidèrent de faire un tour a pied. Carlos marchait d’un pas tranquille, les mains enfoncées dans les poches remuant la tête de droite à gauche comme si il découvrait la rue pour la première fois. Arrivé au coin d’une terrasse ils croisèrent un ami de longue date.
-Salut Mila.
-Salut les gars vous faites quoi dans le coin ?
-Rien on fait juste un petit tour.
-vous admirez les œuvres de nos artistes ?en montrant du doigt les tags débiles ornant les façades de vieux immeubles pleins de charme.
-Exactement et toi que fais tu dehors ?
-Je surveille la rue ,répondit Mila en tournant la tête comme si une invasion quelconque était imminente le sourire aux lèvres.(A suivre)
00:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.06.2009
La vieillesse
Tu as vu, nous sommes vieux
Vieux ? Ou l’as-tu vu ?
Dans tes yeux, car tu ne me regarde plus.
Mais je ne te regarde plus avec mes yeux, je te regarde avec mon cœur.
Mon chéri, L’enfer des femmes, c’est la vieillesse(1)
Pour nous aussi, la vieillesse est le pire des maux car elle prive l’homme de tous les plaisirs en lui laissant l’appétit.(2)
Bah, de toute façon, la vieillesse, c’est la seule maladie dont on ne peut espérer guérir.(3)
Souviens-toi !nous avons été jeunes quand même.
Oui mais la jeunesse ressemble a tout ce qui s’accroit, la vieillesse a tout ce qui décroit.(4)
Regarde ta sœur, elle croit que tout change, et elle seule a changé(5)
Ce n’est pas son anniversaire au fait ?
Si mais ne dit rien, la vieillesse c’est le temps ou les anniversaires ne sont plus des fêtes.(6)
Ne t’inquiètes pas, la jeunesse est une courte erreur, et la vieillesse un long regret.(7)
60ans que nous sommes ensemble c’est merveilleux non ?
Bien sur mais la vieillesse est si longue qu’il ne faut pas la commencer trop tôt.(8)
Avec toi je n’ai pas peur de vieillir.
C’est merveilleux la vieillesse, dommage que cela finisse si mal.(9)
Ma chérie la vieillesse arrive brusquement, comme la neige. Un matin au réveil, on s’aperçoit que tout est blanc.(10)
J’aimerais quand même redevenir un enfant
L’enfance c’est l’envers de la vieillesse, c’est ne rien savoir et pouvoir tout faire.(11)
Nous sommes heureux et c’est le plus important.
Oui, le bonheur supprime la vieillesse.(12)
Mon dieu, que la vieillesse est donc un meuble inconfortable.(13)
Peut être, mais on vit plus longtemps aujourd’hui.
C’est terrible d’allonger la vie en prolongeant seulement la vieillesse.(14)
Ce sera ca la vieillesse, des douleurs partout dans le corps et une maison vide autour.(15)
Tu sais mon chéri, la vieillesse est l’âge ou les hommes s’occupent davantage de leur nourriture que de la serveuse, même si elle est très jolie.(16)
Viens rentrons !.....
1Francois de la Rochefoucauld, 2Giacomo Leonardi,3Orson Welles,4Pythagore,5Bernard-joseph Saurin,6Robert Sabatier,7Henri Duvernois,8 Benoite Groult,9Francois Mauriac,10Jules Renard,11Robert Lalonde,12Franz Kafka,13Colette,14Choron,15Jean Cavé,16René Pichon.
22:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.06.2009
Le passé a plus de parfum qu'un bouquet de lilas en fleurs.
Elle est venue un matin. Il ne savait pas comment elle avait trouvé l’endroit ou il travaillait mais elle avait du se renseigner quelques part. Quand il sortit pour aller déjeuner, elle était là. Elle avait du attendre longtemps au coin de la rue avec juste son éternelle veste noire dans la brise froide de l’hiver qui tapait a la porte. Elle reniflait, comme par le passé. Il aurait aimé l’envoyer promener mais il ne put s’y résoudre. Il s’approcha, il était intimidé….quelle étrange sensation !Il pensait qu’il serait furieux si un jour il la revoyait mais la réalité était tout autre. Elle avait minci, elle semblait plus grande, plus loin.
-« Tu es perdue ? »
- Oui, peux-tu m’indiquer le chemin ?
-Lequel ?
- Montre-moi celui par lequel tu passes.
-Il est tortueux, c’est ce que tu me disais.
-J’aurais du le prendre ….excuse moi !
Il avait un regard étrange, à la fois effrayé et attiré. Une violence extraordinaire bouillait dans ses tripes mais il ne laissait rien paraitre. L’hiver à Montréal on grelottait. Il y avait une brume de vapeur qui flottait au dessus de la ville. Il habitait un petit appartement dans une bâtisse à briques rouges prés d’Hochelaga maison neuve. Il n’avait plus peur d’elle, il était capable d’affronter sa présence. Ils arpentèrent la rue Ste Catherine en se parlant doucement, lentement, sourds à l’agitation citadine qui les enveloppait. Elle n’avait jamais autant parlé et pourtant il y avait comme un vide dans sa tête, un vide de plusieurs années. De temps en temps ils riaient, buvant un café, une bière, un verre de vin.
Au matin ils n’avaient pas dormi. Elle était allongée sur son lit, Elle paraissait usée et fatiguée, et le bras plié sur sa tête faisait une ombre sur son visage. Il se disait que lorsqu’ils sortiraient ses voisins ou des amis penseraient qu’elle était sa maitresse ou enfin sa petite amie. Il l’invita à aller prendre un café, des pancakes arrosés de sirop d’érable, des œufs et des haricots. Elle devait prendre l’avion pour la France à midi mais la boite à souvenirs, remplie de regrets, de remords, de reproches restait fermée et aucun des deux n’osait l’ouvrir, seuls leurs yeux communiquaient mais leurs larmes étaient les mêmes.....
23:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.06.2009
Le seul moyen de se débarasser d'une tentation , c'est d'y céder.(suite et fin)
Elle n’avait pas changé, vieillie peut être mais ses formes inspiraient toujours un certain attrait, un désir même.il s’était souvent rendu compte du regard envieux des hommes et sa fierté à déambuler avec elle dans les ruelles un jour de marché s’en était trouvé décuplé. Ils avaient traversé nombre de pays, inséparables l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Hollande, l’Allemagne avaient été témoins de leur passage complice le temps des vacances, le temps d’un amour…il s’approcha d’elle tout doucement et posa après si longtemps, les mains sur ses formes et fut pris d’une pulsion incontrôlable. Il l’a désiré ardemment plus que tout.. Je vais venir te chercher murmura t-il comme si le monde ne devait pas être mis au courant de cette attirance revenue et pour éventuellement prendre de vitesse d’autres rivaux. Il posa ses lèvres sur elle et tourna les talons décidé à la récupérer coute que coute auprès de celui qui avait pris sa place. Les années sans elle lui avait paru comme des nuits sans lune, sombres et tristes. Il lui jeta encore un regard attendri et désormais il savait qu’il ne repartirait pas sans elle, sa volonté était la plus forte. Il ne sut par quel miracle il était arrivé après maintes palabres à convaincre celui qu’il l’avait remplacé mais l’homme se leva profondément dégouté car en vérité seule l’importance de la somme d’argent l’avait convaincu d’y renoncer. Il avait d’abord essayé de l’attendrir en lui expliquant qu’elle avait été la première de sa vie , et à 18 ans c’est important, mais cet élément le laissa de glace. C’est seulement un peut plus tard en sortant la liasse de billets neufs de sa poche qu’il su en observant son regard qu’il le tenait. Une heure était passé, il était de nouveau prés d’elle, son amour de jeunesse. Heureux et fier de lui, il lui renouvela sa promesse de ne
plus la quitter pour une autre. Son corps tremblait et très doucement il pénétra en elle avec toute l’attention qu’il lui portait. Le silence qui régnait sur les lieus fut brisé par le cri qu’elle poussa lorsqu’il démarra la coccinelle sa première voiture.
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