17.10.2009

INTERLUDE


podcast
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14.10.2009

Qui songe à oublier se souvient ( suite ).

harpe.jpg. Il resta d’abord interloqué, puis se ressaisi, et se mit à lui sourire pour lui manifester son admiration. Ces rimes inattendues, le catapultèrent quelques années en arrière, une époque ou lui-même déclamait des vers, moins brillants mais tout aussi incisifs.

-JE me présente Jibril Saadia rêveur en congés maladie pour vous servir.

Il lui tendit une main dans laquelle les rides nombreuses et sinueuses ressemblaient aux pages d’un livre d’histoire. En lui serrant, il s’aperçût que derrière la douceur des premières neiges, se cachait la robustesse d’un vieux chêne.

-Que faites vous ici à cette heure ou seuls les sans abris et les chiens perdus ont une raison d’être encore dehors ?

-Lequel des deux êtes vous donc ? Enchaina-t-il sans se départir de son sourire.

-Un peux des deux je suppose mais sachez jeune homme que j’ai une bonne raison d’être ici, une mission dirais-je !

-Puis-je en savoir plus ?lui demanda t-i en chuchotant.

Il semblait que leur échange verbal naviguait sur un lac de complicité aussi vieux que les marques que le temps avait façonné sur le visage du vieillard.

-Chaque soir je viens compter les étoiles jeunes homme.

-Et combien y en a-t-il ?

-Je ne sais pas mais je sais qu’il en manque une et un jour je la retrouverais alors enfin je pourrais rentrer mais vous ne m’avez toujours pas dit ce que faites ici et a quoi pensez vous le regard perdu dans l’obscurité.

-Vous allez rire ou me prendre pour un fou si je vous réponds.

-Si j’ai envie de rire d’un fou, je n’ai pas à chercher bien loin, je rie de moi*.

-Je pense à une omelette, une tortilla patatas comme disent les gens d’Andalousie.

-Son visage tressailli et ses sourcils se redressèrent comme des stores vénitiens.

-Pardon ! Une omelette ? Prenez vous de la drogue jeune homme ?, si vous étiez une femme je vous aurez dit que vous êtes enceinte et que vos envies sont celles de votre futur invité, mais là j’avoue ne rien comprendre ou plutôt je comprends que trop bien : l’amour a encore fichu la pagaille.

- Que dites-vous ?

.L’amour n’est qu’une incroyable méprise, une maladie contagieuse contaminant les hommes et les femmes depuis des siècles, depuis la nuit des temps.

-Qu’’est-ce qui vous fait penser que je puisse être amoureux ?

- L’intuition jeune homme ou votre air méditatif car penser à une omelette si bonne soit elle me rappelle mes cours de harpe.

-Vous savez jouer de la harpe m’écriai-je spontanément ?

-Pas du tout mais la fille de la concierge de l’immeuble ou nous habitions quand j’avais 16 ans savait elle ! Et j’étais éperdument amoureux d’elle donc je me suis inscrit aux cours de harpe ou je passais une heure chaque semaine à l’observer a travers des cordes qui dessinaient sur son visage des barrières, que dis je des barreaux pour me tenir a distance surement.( A suivre ).

*lettres à Lucullius.

 

09.10.2009

Qui songe à oublier, se souvient

oublier.jpgIl pensait avoir touché le fond du puits de la peine dans son passé, il se trompait. La douleur profonde dans laquelle il vivait aujourd’hui dépassait les limites du supportable. Une nuit tel un somnambule il sortit de sa tanière, traversa le jardin, ouvrit le vieux portail en bois alourdi par les ans et se dirigea dans la rue déserte et noire que la lumière des lampadaires avait fuie. Il marcha au hasard, déambulant dans les ruelles étroites a l’odeur acre et humide des vieilles pierres, envahies de mauvaises herbes ayant trouvé refuge dans les interstices des murs des maisons du quartier. Lorsqu’il arriva en haut de la colline, les lumières du port au loin clignotaient comme un sapin de noël. Son pied écrasa les herbes folles et il s’assit face à la mer.

-Belle vue n’est-ce pas ?

-Surpris par cette voix nasillarde, son sang se glaça, son cœur fit un bond dans sa poitrine!

-il tourna la tête sur le coté et aperçut un vieil homme.il était si vieux qu’il semblait n’avoir plus d’âge à calculer.il était assis lui-même sur une pierre et s’appuyait sur un bâton tordu qui lui servait de canne, les mains jointes pour un meilleur appui, des mains ridées qui ne parlaient plus. Le vieillard se rapprocha, glissant sur ses fesses à la manière d’un enfant sur un tobogant.il avait un rictus de bouledogue du à l’absence de la presque totalité de ses dents.

-Qu’est-ce qui se passe mon ami, pourquoi es tu ici ?

Rien murmura t-il, je n’arrive pas à dormir.

Le vieux fronça les sourcils, douteux, il lui rappelait un ancien instituteur qui avait la même expression devant leurs mensonges et autres subterfuges pour justifier leurs retards en classe.

-Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit dieu.

-Le sommeil est l’ami de l’homme.

-le sommeil est l’ami de dieu.

-Le sommeil est peut-être ma plus belle création.

-Et moi-même je me suis reposé le septième jour.

Les vers sortis de la bouche de ce vieil homme malhabile étaient déclamés avec une douceur dont il ne se serait pas cru capable lui-même. Son étonnement avait la forme de la curiosité.

-Charles Péguy jeune homme.(A suivre)

27.09.2009

La douleur de l'ame pèse plus que la souffrance du corps.

douleur.jpgUn grillage barbelé est posé sur son cœur pour en interdire l’accès. C’est le revers de l’amour, là ou pas un sentiment, une caresse ou un geste de tendresse ne puisse s’affirmer, se développer, là ou s’écharpent et se mutilent les tentatives nobles et vertueuses d’élans sincères.

Ses derniers émois, c’est à elle qu’il les devait. Cela lui avait semblait grandiose, profond et il supposait qu’il lui faudrait attendre des années pour ressentir à nouveau ces choses merveilleuses. Mais elle avait d’autres envies, d’autres désirs et se moquer de ses ressentiments. Parfois il tolérait l’intrusion d’un souvenir qui prenait possession de son âme. Il avait alors le tournis et regrettait aussitôt son acte destructeur. Il émanait de sa personne une douleur violente et sourde qui se reflétait dans son regard vide de sens.

13.09.2009

Ce soir

aurore_boreale.jpgCe soir, les étoiles paraissent toutes proches dans le ciel et lorsque machinalement il tend la main il peut presque ressentir leur chaleur. Ce soir, le thermomètre de cette nuit d’été annonce 29 degrés Ce soir les rêveurs de la ville vont pouvoir laisser libre cours a leur passe temps favoris. Ce soir, les spécialistes du droit à l’évasion sont invités. Ce soir, la musique de la nuit est superbe et cette mélodie est une des plus belles du monde. Ce soir, le bruit a pris congé de nous pour quelques heures.

Ce soir, sous les odeurs des embruns on s’enivre étendu sur le sol le nez au ciel. Ce soir, la distance à franchir est infime pour traverser l’imaginaire. Ce soir, les peines et les colères disparaissent mystérieusement. Ce soir, on déchiffre la vie et ses codes nous apparaissent clairement. Ce soir, les petites boules de feu dessinent dans des rondes de poussières des arabesques lumineuses. Ce soir, il se souvient des regards de braise, des étreintes passionnées et des rires partagés. Ce soir il entend les voies qui tracent son chemin. Ce soir, les coquelicots tapissent la chambre des rêves et la porte est ouverte. Ce soir, les couleurs changent, mutent, se mélangent, les aurores boréales sont là. Ce soir tu fais quoi ?...........