07.11.2009
L'amour est aveugle, il faut donc toucher.
Madame.
Les mots que je vous écris vont vous paraitre singuliers, mais les sentiments d’amour que j’ai l’audace d’éprouver pour Melle votre fille sont pluriels. Conjuguer l’amour a tous les temps n’est chose aisée pour personne, mais j’ai bonne confiance d’y parvenir si vous me laissiez le temps, du futur, pour exprimer mon paradigme et composer son contenu. Votre locuteur, ici présent, ne peut se flatter d’être exempt de tout griefs ou reproches d’autrui, cependant, nul ne pourrais prétendre mon amour comme une infamie, une tromperie, et mes vers digne de rodomont. Les étoiles ont toujours guidées les explorateurs, les aventuriers et les fous, mais je n’ose croire que les yeux qui admirent votre géniture soient ceux de ces derniers. Le destin à voulu écrire pour votre dévoué serviteur une longue vie dont je ne puis me glorifier d’aucunes façons, mais la plume qui l’a écrite n’avait pas mon cœur comme encrier. Je suis épris de cet astre qui illumine mes yeux, embrase mon existence et animes mes desseins. Depuis cinq ans maintenant j’ai l’outrecuidance de penser qu’elle éprouve elle-même des dispositions et des sentiments a mon égard, mais la crainte et le révéremment qu’elle éprouve pour ses parents, l’empêche d’alléguer ces élans. Je viens donc par cette missive, quémander votre approbation et votre acceptation à cette union que je souhaite et désire plus que toutes les richesses du royaume de France. Il serait péremptoire de croire que vous allez accéder à mes désirs sans consultation de Mr votre mari, mais j’ose escompter que votre jugement sera celui de l’intérêt non pas de la bonne fortune et de sa prospérité mais a celui d’un noble sentiment »L’amour ».
19:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2009
Qui veut oublier , se souvient. ( suite et fin )
Il s’accorda un moment de répit avant de revenir à l’attaque.
-Il faut être sacrement courageux pour se passer de ceux que l’on aime.
-Elle ne m’aime pas !
-Mais vous oui ?
-Qu’est-ce que cela change ? En plus, je n’arrive pas à situer ou se trouve mon bonheur dans toute cette histoire. Elle semble avoir pris possession de mon esprit car malgré son désintéressement, son indifférence à mon égard et son sale caractère, Je suis malade d’elle.
-JE vous comprends jeune homme on ne nous forme pas a souffrir des femmes. Vous savez, ce cœur dont le fantôme se vie au fond du votre, il faut l’expulser comme un loyer impayé sinon il vous ruinera ce qu’il vous reste à aimer.
-Puis- je vous poser une question Mr Saadia ?
-Je vous écoute.
-Qu’es devenue la joueuse de harpe ?
-Il retira ses lunettes et entreprit de nettoyer les verres avec un pan de chemise qui dépassait de son pantalon. Il sentit ses tripes se tordre, son regard était vide.il semblait saoul de peines, ingurgitées malgré lui.
-Elle s’est mariée ! Avec un homme plus jeune, de sa condition, un homme qui ne ferait pas de taches sur les photos jaunies, un homme qui rentrerait dans les cases comme elle disait. Nous n’étions pas du même monde et les vers de mes histoires n’y suffisaient plus. Il faut se méfier des rêveurs, ils ne cessent jamais d’imaginer, de construire, d’interpréter des choses qu’ils sont seul à vivre. Il ne faut pas mettre l’amour dans les mots de l’avenir, çà réchauffe les âmes qui ont froid un mauvais hiver mais ça disparait avec la bise tiède des retours familiers, l’assurance d’exister c’est comme se libérer d’images du passé convoquées chaque nuits pour passer en procès.
-Et votre étoile alors ?
Des frissons parcoururent tout son être, il aurait voulu lui dire combien il regrettait sa question.
-Ce que l’on voit dans les étoiles est destiné à l’insomnie des rêveurs ! Jeune homme.
-Rabhi monsieur Saadia je m’appelle Rabhi et je suis enchanté de faire votre connaissance.
-« Oasis en tout lieux » encore un !
-Pardon ?
-vous portez le nom d’un rêveur d’Algérie, un humaniste qui prônait le retour a la terre et a l'amour qu’il y voue.
-Je ne le savais pas.
Ils se serrèrent la main longuement et se découvrirent des passions communes, il y avait de la gaieté et de la passion cette nuit là et les étoiles brillaient……….
20:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.10.2009
INTERLUDE
09:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2009
Qui songe à oublier se souvient ( suite ).
. Il resta d’abord interloqué, puis se ressaisi, et se mit à lui sourire pour lui manifester son admiration. Ces rimes inattendues, le catapultèrent quelques années en arrière, une époque ou lui-même déclamait des vers, moins brillants mais tout aussi incisifs.
-JE me présente Jibril Saadia rêveur en congés maladie pour vous servir.
Il lui tendit une main dans laquelle les rides nombreuses et sinueuses ressemblaient aux pages d’un livre d’histoire. En lui serrant, il s’aperçût que derrière la douceur des premières neiges, se cachait la robustesse d’un vieux chêne.
-Que faites vous ici à cette heure ou seuls les sans abris et les chiens perdus ont une raison d’être encore dehors ?
-Lequel des deux êtes vous donc ? Enchaina-t-il sans se départir de son sourire.
-Un peux des deux je suppose mais sachez jeune homme que j’ai une bonne raison d’être ici, une mission dirais-je !
-Puis-je en savoir plus ?lui demanda t-i en chuchotant.
Il semblait que leur échange verbal naviguait sur un lac de complicité aussi vieux que les marques que le temps avait façonné sur le visage du vieillard.
-Chaque soir je viens compter les étoiles jeunes homme.
-Et combien y en a-t-il ?
-Je ne sais pas mais je sais qu’il en manque une et un jour je la retrouverais alors enfin je pourrais rentrer mais vous ne m’avez toujours pas dit ce que faites ici et a quoi pensez vous le regard perdu dans l’obscurité.
-Vous allez rire ou me prendre pour un fou si je vous réponds.
-Si j’ai envie de rire d’un fou, je n’ai pas à chercher bien loin, je rie de moi*.
-Je pense à une omelette, une tortilla patatas comme disent les gens d’Andalousie.
-Son visage tressailli et ses sourcils se redressèrent comme des stores vénitiens.
-Pardon ! Une omelette ? Prenez vous de la drogue jeune homme ?, si vous étiez une femme je vous aurez dit que vous êtes enceinte et que vos envies sont celles de votre futur invité, mais là j’avoue ne rien comprendre ou plutôt je comprends que trop bien : l’amour a encore fichu la pagaille.
- Que dites-vous ?
.L’amour n’est qu’une incroyable méprise, une maladie contagieuse contaminant les hommes et les femmes depuis des siècles, depuis la nuit des temps.
-Qu’’est-ce qui vous fait penser que je puisse être amoureux ?
- L’intuition jeune homme ou votre air méditatif car penser à une omelette si bonne soit elle me rappelle mes cours de harpe.
-Vous savez jouer de la harpe m’écriai-je spontanément ?
-Pas du tout mais la fille de la concierge de l’immeuble ou nous habitions quand j’avais 16 ans savait elle ! Et j’étais éperdument amoureux d’elle donc je me suis inscrit aux cours de harpe ou je passais une heure chaque semaine à l’observer a travers des cordes qui dessinaient sur son visage des barrières, que dis je des barreaux pour me tenir a distance surement.( A suivre ).
*lettres à Lucullius.
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09.10.2009
Qui songe à oublier, se souvient
Il pensait avoir touché le fond du puits de la peine dans son passé, il se trompait. La douleur profonde dans laquelle il vivait aujourd’hui dépassait les limites du supportable. Une nuit tel un somnambule il sortit de sa tanière, traversa le jardin, ouvrit le vieux portail en bois alourdi par les ans et se dirigea dans la rue déserte et noire que la lumière des lampadaires avait fuie. Il marcha au hasard, déambulant dans les ruelles étroites a l’odeur acre et humide des vieilles pierres, envahies de mauvaises herbes ayant trouvé refuge dans les interstices des murs des maisons du quartier. Lorsqu’il arriva en haut de la colline, les lumières du port au loin clignotaient comme un sapin de noël. Son pied écrasa les herbes folles et il s’assit face à la mer.
-Belle vue n’est-ce pas ?
-Surpris par cette voix nasillarde, son sang se glaça, son cœur fit un bond dans sa poitrine!
-il tourna la tête sur le coté et aperçut un vieil homme.il était si vieux qu’il semblait n’avoir plus d’âge à calculer.il était assis lui-même sur une pierre et s’appuyait sur un bâton tordu qui lui servait de canne, les mains jointes pour un meilleur appui, des mains ridées qui ne parlaient plus. Le vieillard se rapprocha, glissant sur ses fesses à la manière d’un enfant sur un tobogant.il avait un rictus de bouledogue du à l’absence de la presque totalité de ses dents.
-Qu’est-ce qui se passe mon ami, pourquoi es tu ici ?
Rien murmura t-il, je n’arrive pas à dormir.
Le vieux fronça les sourcils, douteux, il lui rappelait un ancien instituteur qui avait la même expression devant leurs mensonges et autres subterfuges pour justifier leurs retards en classe.
-Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit dieu.
-Le sommeil est l’ami de l’homme.
-le sommeil est l’ami de dieu.
-Le sommeil est peut-être ma plus belle création.
-Et moi-même je me suis reposé le septième jour.
Les vers sortis de la bouche de ce vieil homme malhabile étaient déclamés avec une douceur dont il ne se serait pas cru capable lui-même. Son étonnement avait la forme de la curiosité.
-Charles Péguy jeune homme.(A suivre)
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